UN DINER DANS LE NOIR A OPPEDE 13 octobre 2108

13 Novembre 2018

Ce samedi 13 octobre, l’association Valentin Haüy à rendez-vous à Oppède pour un dîner dans le noir.

Giacomina Dussol de l’association « L’œil qui écoute », a organisé un repas un peu particulier. Les invités devront manger les yeux bandés.

Quatorze bénéficiaires, dont six non-voyants, deux malvoyants et six bénévoles, ont participé à ce repas qui a réuni une soixantaine de personnes.

Cette expérience s’est déroulée dans la bonne humeur et la découverte. En effet les convives ont été surpris par ce qu’ils pouvaient découvrir, aussi bien pas le coté gustatif, pensant manger du poisson, alors qu’il s’agissait de la dinde, au tant que par leur position au tour de la table qui pensaient ovale ou ronde, alors qu’elle était rectangulaire.

Le constat de cette expérience est que tout le monde a mangé proprement ; les assiettes étaient bien nettes et peu de « bougnettes » sur eux. Il est vrai qu’ils s’étaient munis de grandes serviettes de grand-mère. Et puis les tuteurs non-voyants ont été de bons conseils pour les guider dans cet apprentissage.

Peut-être à l’année prochaine pour renouveler cette expérience avec, nous l’espérons, plus de convives.

Article paru dans le Dauphiné

OPPÈDE |
J’ai testé pour vous : “Dans la peau d’un malvoyant…
le temps d’un repas”Samedi, à l’occasion de la
journée mondiale des
aveugles et des malvoyants


“Le jour de la nuit”, l’association L’oeil qui écoute et le Lions club Luberon Maubec, avec le partenariat de la fondation ValentinHaüy comité Avignon proposait une journée découverte du handicap de la vue, en proposant de déjeuner à l’aveugle, rendezvous était donné à 11 h 30, à la salle des fêtes d’Oppède ”Les Jardins de Madame”.
Afin de nous guider, l’organisation avait choisi de nous accompagner d’une personne malvoyante à nos côtés.
Ainsi, Christine Langlais, responsable correspondante à Cavaillon pour la fondation ValentinHaüy, fut notre hôtesse.
Nous étions sept à table.
Les yeux bandés et en file indienne, nous sommes entrés dans la salle de restauration, je suis tout de suite perdue. Le premier sens qui est mis en action, c’est le toucher. Tenir la personne qui précède sur l’épaule devient naturel. La situation dans l’espace n’est pas facile. Il faut faire le tour de la table, trouver sa chaise, s’asseoir face à la table. Je l’imagine ronde, en fait elle est rectangulaire ; des gestes qui paraissent simples et pourtant. Nous sommes là pour déjeuner mais également pour échanger, on se présente. Retenir une intonation de voix, pour reconnaître ensuite son interlocuteur et le situer impose une mémorisation supplémentaire.
Christine Langlais explique que sa cécité est due à un accident et qu’elle a été voyante jusqu’à 30 ans. Pour identifier mon voisin, je lui touche le dos puis le visage. Il porte une barbe naissante ; un geste que je n’aurai jamais fait dans
d’autres circonstances envers un inconnu, d’où le tutoiement qui est devenu naturel entre nous.
« Je me retrouve le couteau dans la bouche » Repérer son assiette et le placement de son verre est assez facile. Mais dès qu’il s’agit d’aller prendre du pain sur la table, il faut tâtonner et la panière est souvent déplacée.
Pour l’entrée on nous sert des toasts ; sans visuel on s’attache plus au goût et à la texture, reconnaître la tomate, le thon c’est facile. Mais d’autres bouchées restent inconnues.
Pour le plat, on nous sert toujours sans rien nous dire. Il faut utiliser la fourchette et le couteau. Je me retrouve en train de mettre le couteau dans ma bouche, ou de porter aux lèvres une fourchette vide.
Chacun s’accorde à dire que ce n’est pas facile. Et pourtant nous sommes statiques. Je m’habitue assez vite, mais se servir à boire, en mettant le doigt dans le verre pour contrôler le niveau est assez inattendu.
Notre hôtesse nous a mis à l’aise, finalement face à elle, je me sens handicapée.                      

Au moment de quitter la table, je lui confie que ce repas m’a beaucoup apporté. Je pense que je vais faire découvrir cela à mes petitsenfants afin de
les sensibiliser à ce handicap.

Alda MIGNON

Toucher dans son assiette pour évaluer son contenu,

chacun s’accorde à dire que ce n’est pas évident et
pourtant les participants à l’expérience sont statiques.